catherine mandarine


caramel. ode à la féminité

caramel, de nadine labaki, est un long métrage empreint de douceur, de lenteur et de problèmes typiques des femmes, jeunes et moins jeunes. dans le décor d’un salon de beauté à beyrouth, cinq femmes se croisent et se confient. layale (nadine labaki), jeune femme habitant encore dans le cocon familial, est en miettes, amourachée d’un homme marié. nisrine (yasmine al masri), musulmane qui se marira sous peu, vit sous le poids de la honte car elle n’est plus vierge. rima (joanna moukarzel), shampouineuse introvertie, découvre son penchant pour les femmes. jamale (gisèle aouad), une cliente préoccupée par son apparence, enchainant castings et castings et acceptant très mal de vieillir. et finalement l’attachante rose (sihame haddad), 65 ans, chrétienne, couturière, qui voudrait bien vivre une histoire d’amour avec charles, l’homme qui préfère les pantalons courts, mais se sent bloquée par sa soeur folle, qui nécéssite sans cesse de la surveillance, lili.

ce film est un véritable coup de coeur. quelle belle comédie d’été! on se laisse transporter dans les vies si différentes, mais pourtant similaires de ces femmes habitant au liban et qui tentent de surmonter leurs problèmes à leur façon. on s’attache, on rit avec elles, autant qu’on pleure. si caramel nous apporte une certaine sensation de compassion pour ces femmes aux problèmes difficiles à affronter, on en ressent aussi un espoir, espoir qu’elles sont aptes à passer à travers. et même s’il s’agit d’un film à prédominance féminine, les hommes sont bien représentés, n’ont pas l’air machos. sur ce la réalisatrice affirmait: « dans le film ils sont tous sympathiques (…) les hommes sont, en fait, comme j’aimerais qu’ils soient. le policier romantique surprend par sa sensibilité. charles, l’homme âgé qui tombe amoureux de rose est élégant, touchant et son regard sur rose est plein de tendresse ».

et sur le titre, pour le moins original du long-métrage et ayant uen double signification, nadine labaki s’exclame: « cest la pâte épilatoire faite à la manière orientale : un mélange de sucre, de citron et d’eau que l’on fait bouillir jusqu’à ce qu’il devienne du caramel. on étale ce mélange sur du marbre pour qu’il refroidisse un peu. et l’on en fait une pâte qui sert à épiler. mais caramel c’est aussi l’idée du sucré-salé, de l’aigre-doux, du sucre délicieux qui peut brûler et faire mal ».

un film à voir.

Publicités